Vous la rêviez comment, vous, votre vie d’adulte, quand vous étiez enfant/ado ? Personnellement j’avais 2 plans de vie. Pas un plan A et un plan B, non, deux master plans et la capacité d’imaginer les deux dans le détail : chef d’entreprise, mère célibataire d’un petit garçon aux cheveux bruns et aux yeux verts, adorable, cela va sans dire. Je vivrais à du 100 à l’heure, entre mon job et mon fils. Bref, une super woman qui ne dort jamais.

Je sais, ça ne fait qu’un seul plan. Mais en fait, seul un petit détail différait : l’entreprise en question. C’était soit une agence de publicité, soit… une friterie !

Vilain montage. A la base, friterie “de corrère” – aka chez Mich’ – que je vous conseille si vous passez par Courrière !

Sans rire, j’hésitais vraiment entre les 2. A 17 ans, on m’a fait remarquer que si je travaillais toute la journée dans l’odeur de frite, ça finirait par me dégoûter. J’ai préféré ne prendre aucun risque et choisir la voie universitaire appelée “Information et Communication”. Faut pas rigoler avec ces choses-là. Et après avoir passé un an à bosser pour le privé, j’ai décrété que mon truc, c’était le secteur public, l’intérêt général plutôt que les intérêts des comptes en banque de mon patron et ses associés.

A l’époque, je ne me doutais pas que MonHom, que j’avais rencontré 2 ans plus tôt, allait être juste assez parfait pour mettre à mal la partie “elle a fait un bébé toute seule © Jean-Jacques Goldman” de mes plans.  La blondeur de ses cheveux et le bleu de ses yeux, comme les miens, rendront aussi caduque l’image que je me faisais de mon fils imaginaire.

Cette image était sans doute soufflée d’une part par l’apparence de mon premier petit copain (Jérôme, si tu me lis © Michel Drucker) et d’autre part par mes origines italiennes. Ces origines ne se résumant aujourd’hui qu’à une furieuse envie de secouer mes cheveux quand j’entends “Azzuro” , un pètage obligatoire des cordes vocales sur “Il mio refugio” à fond dans la bagnole, et une recette de sauce bolognaise à tomber par terre héritée de Feu Nonna, je ne tiendrai pas rigueur à MonHom de m’avoir permis d’avoir un magnifique blondinet aux yeux bleus qui fait craquer tout être humain normalement constitué, doté de la vue et d’un minimum de bon sens.

Je n’ai aucun regret de ne pas m’être tenu mes propres promesses. La vie avançait, je me suis retrouvée à des centaines de carrefours de choix de vie et, avec le recul, je me dis que j’avais un pu**** de bon GPS intégré pendant toutes ces années !

Ciao, minga pè !!! (ouais, j’ai de bons restes, en fait)

Crédits photo : moi-même